Communiqué FFPP du 03 février 2012
Communiqué de la Fédération Française des Psychologues et de Psychologie
Prise en charge des personnes autistes
Les psychologues dénoncent le projet de loi de D. Fasquelle
La FFPP est vigoureusement opposée à la proposition de loi de M. Daniel Fasquelle, député UMP, qui vise à interdire la référence à la psychanalyse dans les pratiques de soin aux personnes autistes au profit des seules méthodes éducatives et comportementales.
La FFPP s’oppose de façon générale aux démarches dogmatiques, aux lobbyings idéologiques et financiers. Elle les dénonce avec d’autant plus de vigueur que ceux-ci sont portés par l’arsenal législatif, mettant ainsi en danger notre démocratie.
Nous n’ignorons pas le contexte polémique d’une telle proposition qui oppose différentes pratiques dans la prise en charge de l’autisme, notamment. Cependant, les psychologues, de par leur cursus universitaire sont formés aux différentes théories. C’est la rencontre particulière avec la personne, dans toute sa singularité, qui va permettre au psychologue de choisir les outils (de l’éducatif et/ou de la psychanalyse, pour n’évoquer que ceux là) les plus adaptés. Chaque individu est unique et singulier ; aucune méthode n’est universelle. Aucune ne peut convenir systématiquement à tous les individus ; il est du domaine de la recherche d’en évaluer les effets.
C’est dans la complémentarité des approches et des mises en pratique qu’un soin de qualité et une éducation respectueuse des différences peut s’exercer.
La Fédération Française des Psychologues et de Psychologie demande à M. Fasquelle de retirer son projet de loi. Elle l’invite à contribuer à la mise en place de tous les moyens nécessaires à des prises en charge dignes et respectueuses des personnes. L’autisme a été déclaré grande cause nationale de l’année 2012. Nous nous en réjouissons et nous y associons. Nous nous opposerons fermement à tout ce qui viendrait détruire l’approche pluridisciplinaire et multiréférentielle.
En tant que psychologues, nous ne pouvons soutenir un tel projet, en tant que citoyens, nous le pouvons encore moins : il n’est, en effet, pas concevable que le législateur fasse acte d’ingérence dans le champ des pratiques professionnelles et de la recherche scientifique. Ce serait dès lors une atteinte grave au plan du respect des principes de la démocratie.
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