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Bonjour,
j’ai eu envie de livrer, un peu en vrac, quelques impressions qui, je l’espère en appelleront d’autres.
J’ai été plutôt mal à l’aise à la lecture de l’Editorial de Fédérer n°3 : je n’ai senti ni interrogation, ni état d’âme devant le nombre décroissant des psychiatres en France. Un constat, le simple constat d’une réalité inexorable, présentée néanmoins comme « aubaine » potentielle pour des psychologues qui auraient une carte à jouer.
Pourtant, cette perspective m’inquiète : n’est-ce pas un risque d’appauvrissement majeur des pratiques et du sens de la psychiatrie et des soins psychiques qui se profile, dont les conséquences sont difficiles à envisager aujourd’hui ? Nos relations avec les psychiatres sont certes souvent complexes, mais ils sont pour moi, quand c’est possible, des partenaires incontournables.
Alors s’agirait-il d’une « reprise » de la Bastille ? Quels sont vraiment les enjeux actuels pour nous ? Prendre le pouvoir ? De qui et de quoi ?
Lorsque je mets en perspective certains arguments de l’Editorial, de la proposition de doctorat de M. Bouchard et de celle énoncée dans le projet 2005-2008 « Psychiatrie et Santé Mentale » d’une co-tutelle Education Nationale/Ministère de la Santé pour la création d’un master de psychologie clinique, je vois, peut-être à tort, une certaine logique : M. Bouchard revendique, notamment, une durée de formation initiale et un titre qui sont loin d’être anodins au regard du cursus médical. Et si M. Lécuyer, dans son éditorial laisse entendre que nous louchons du côté des places laissées vacantes par les psychiatres, pourquoi s’étonner d’une tutelle ou d’une référence au Ministère de la Santé ?
Par ailleurs, lorsque M. Lécuyer pose la question de savoir si nous souhaitons que le psychologue « soit plus que maintenant un acteur important du système » et que M. Bouchard annonce que « le doctorat de niveau huit ans d’études supérieures minimum permettant d’accéder au titre de psychologue serait un diplôme signant un haut niveau de formation clairement reconnu par les usagers, les professionnels et leurs éventuels employeurs », que faut-il en penser ?
Que « Miroir aux alouettes » conviendrait-il mieux que « Faute de grives… » ?
Revendiquer cette importance et cette reconnaissance du psychologue me paraît un idéal que j’ai du mal à soutenir.
La difficulté de se « reconnaître » entre psychologues et de « s’assurer » que nous parlons bien de la « même chose » avec un langage a minima « commun » me semble déjà une démarche bien malaisée et bien exigeante pour tenter de clarifier, en essayant d’être modeste, au-delà d’une formation qui « garantirait le minimum de manques » et « rassurerait on ne sait qui », ce que nous sommes, avec nos limites, notre savoir jamais clos et notre place relative, pour nous déjà et pour celles et ceux que nous rencontrons.
JJV
Est-ce que l'enrichissement de nos savoirs nous mettent forcément sous tutelle ? Nous bénéficions déjà d'enseignements en physiologie, neuropsychologie, psychopharmacologie, les enrichir encore avec des cours communs aux étudiants en médecine, exiger davantage de stages pratiques, ne me semblent pas contradictoire avec notre code qui demande également un niveau de compétence et un maintien d'un niveau de compétence.
Par contre, il est vrai que votre première remarque sur la réduction du nombre de psychiatres et une espèce d'effet "d'aubaine" pour les psychologues m'inquiète également.
Nous avons clairement une place à prendre cependant.
La demande est forte (vous pourrez me dire, "sommes nous là pour répondre à la demande, telle quelle, formelle?").
L'offre existe, nous sommes 35000 dont de nombreux ^sans-emplois, beaucoup de compétences non utilisées donc.
Cordialement,
JSLH
Clairement ok aussi pour dire que la baisse du nombre de psychiatre, non content de laisser des vides essentiels que nous ne savons combler, mais également parce qu'elle cristallise alors les yeux avides de nos collègues aux chômage, ou qu'elle propulse certains médecins à tenter des emprises ou des appariements pas toujours très réussis, ne saurait nous réjouir.
Toutefois, il me semble qu'appeler à une ambition commune, et sociale, encore laissée en friche, via le corps professionnel que nous pouvons (pourrions) former, n'est pas si dénué de sens que cela : elle n'est simplement, cette ambition, pas en rapport avec la médecine (ou si peu).
Merci à JJV pour ses réactions à l'édito: elles peuvent peut-être permettre de dissiper des malentendus. Sur la diminution du nombre des psychiatres, je n'ai fait que constater un fait énoncé actuellement par pas mal de gens, y compris le Ministre, qui s'en inquiète. Ceci ne veut pas dire que je m'en réjouis ! J'essaie seulement d'en tirer les conséquences pour l'avenir de la profession. Je regarde ce qui se passe ailleurs en Europe. Les psychiatre y sont moins nombreux qu'en France, et les psychologues en général mieux considérés. Ceci ne veut pas dire qu'il y a là une relation causale simple: bien d'autre facteurs interviennent évidemment. Mais j'ai le sentiment, toujours à partir de cette comparaison internationale, que cette baisse du nombre de psychiatres va nécessairement changer la place des psychologues dans les institutions de soins; et je me dis qu'il est préférable de participer activement à la définition de cette nouvelle organisation que de la subir. C'est pourquoi le CAF du 29 janvier a prévu la mise en place d'une commission de réflexion sur cette question.
Pour moi, et pour tout le bureau de la FFPP, cette question est totalement indépendante de celle de la formation des psychologues en général et de ceux qui interviennent dans ce secteur en particulier.
L'idée d'une co-tutelle EN/Santé pour un master de psychologie clinique est clairement une idée de paramédicalisation dont nous ne voulons absolument pas. C'est aussi, au moins aussi grave, l'idée d'une rupture entre la formation des psychologues cliniciens et celle des autres psychologues, c'est-à-dire tout simplement la mort de la profession dans sa spécificité. Quant aux "arguments" qui la justifient, ils dénotent simplement une ignorance totale de la réalité de la formation des psychologues, qui, que je sache, n'est pas "purement théorique"
Enfin, sur la formation en 8 ans par un doctorat, les avis sont partagés, mais en ce qui me concerne, je suis un acteur de la mise sur pied du diplôme européen qui est en 6 ans (master + 1 an de pratique professionnelle supervisée). Il n'y a donc pas, en tous cas dans mon esprit, un lien entre mon édito et les conséquences que vous envisagez en termes de formation
Je ne souhaite pas une affiliation à la médecine ! Je pense simplement, à tort ou à raison, aprés lecture des documents cités, que proposer actuellement un doctorat et envisager ces fameuses places à prendre face à l'appauvrissement du nombre des psychiatres, entre autre, sont porteuses de paradoxes et de confusions : elles peuvent renforcer l'impression que le modèle médical serait une "référence" et un "idéal" pour les psychologues... Et qu'un pouvoir serait à prendre sur ce champ-là. Alors, DANS CE CONTEXTE, la proposition d'un master de psychologie clinique sous tutelle du Ministère de la Santé ne me paraît pas si incroyable, puisque nous pouvons laisser penser que c'est justement le domaine médical que nous voulons investir.
L'ambition que vous évoquez ne me paraît pas non plus dénuée de sens. Elle me paraît néanmoins à relativiser et demander à s'affirmer dans son rapport à la médecine, ce qui est loin d'être clair, réglé et apaisé.
A R. Lecuyer
Il ne s'agissait pas d'un procés d'intention de ma part, mais de l'expression d'un malaise lorsque les arguments et propositions des uns et des autres sont mis en lien.
A JJV
Je n'ai vu aucun procès d'intention dans votree message, mais une inquiétude sur une question de première importance.
C'est sûr ...
Pourtant, même si nous représentons sans doute le corps de métier qui sait les cheminements et le temps nécessaires aux élaborations, il me semble que nous sommes actuellement placés de telle manière (en interne et en externe, notamment politiquement) qu'il nous en manquera toujours, du temps.
Après un passage sur les sites de la SFP, de l’AFPC et du SNP, qui, pour les deux premières contestent les statuts actuels de la FFPP, et qui, pour la troisième, dans ce que j’en ai lu au travers de certains de ces forums, semble témoigner d’une effervescence autour des questions, complexes, de différenciation, de filiation, de critères, de « préséance », de ... ? entre psychologues, psychothérapeutes et psychanalystes, mais qui ont, je trouve, toutes trois l’intérêt de maintenir la vitalité, même si cela est au prix de discordances et de freins à une certaine « unité », de débats aux multiples facettes.
Dans le désordre,la
"Petite loi"
(source : http://ameli.senat.fr/publication_pl/2003-2004/278.html)
Article 18 quater
L'usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.
L'inscription est enregistrée sur une liste dressée par le représentant de l'État dans le département de leur résidence professionnelle. Elle est tenue à jour, mise à la disposition du public et publiée régulièrement. Cette liste mentionne les formations suivies par le professionnel, notamment les formations théoriques et pratiques en psychopathologie clinique. En cas de transfert de la résidence professionnelle dans un autre département, une nouvelle inscription est obligatoire. La même obligation s'impose aux personnes qui, après deux ans d'interruption, veulent à nouveau faire usage du titre de psychothérapeute.
L'inscription sur la liste visée à l'alinéa précédent est de droit pour les titulaires d'un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l'article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations.
Un décret en conseil d'État précise les modalités d'application du présent article et les conditions de formation théoriques et pratiques que doivent remplir les candidats à l'inscription en application du deuxième alinéa.
Bon, qu’est-ce qu’un psychothérapeute, sur quoi sommes-nous d’accord pour parler de psychothérapies ?
En quoi un médecin généraliste et un psychologue ont-ils, de droit, a être inscrits sur cette liste ?! Equivalence de droit médecin-psychiatre, psychologue du travail-psychologue clinicien ?
Et psychanalyste, un psychothérapeute de droit ? Tiens, pourquoi ?
Par ailleurs, je me demande s’il n’y aurait pas une certaine représentation de « noblesse psy » qui demanderait a être pensée et discutée afin que les différences ne soient pas que réduites à des manques... à être, à être reconnus, crédibles... entre psychologues.
Je m’interroge également sur les tentatives de poser sur des plans de « rationalisation » et de « réalité objectivable » notre travail qui, me semble t’il, reste objets de fantasmes, de flous et de représentations, tant des psychologues que du public.
J’ai en tête « le psychologue et vous », publié il y a quelques années par le Journal des Psychologues, qui est en cours de réactualisation. A l’époque, j’avais trouvé ce document fort bien fait et intelligent. Avec en annexe le Code de Déontologie, ne pourrait-il pas être un témoignage d’unité et de différences, même s’il n’empêchera pas les fantasmes, et les résistances à faire appel à un psychologue ?!...
ERRATUM
il fallait lire article 52 et non la petite loi, article 18 ter :
"Article 52
L'usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.
L'inscription est enregistrée sur une liste dressée par le représentant de l'Etat dans le département de leur résidence professionnelle. Elle est tenue à jour, mise à la disposition du public et publiée régulièrement. Cette liste mentionne les formations suivies par le professionnel. En cas de transfert de la résidence professionnelle dans un autre département, une nouvelle inscription est obligatoire. La même obligation s'impose aux personnes qui, après deux ans d'interruption, veulent à nouveau faire usage du titre de psychothérapeute.
L'inscription sur la liste visée à l'alinéa précédent est de droit pour les titulaires d'un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l'article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations.
Un décret en Conseil d'Etat précise les modalités d'application du présent article et les conditions de formation théoriques et pratiques en psychopathologie clinique que doivent remplir les personnes visées aux deuxième et troisième alinéas."
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