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Afficher la version complète : La spécialisation en géronto : une nécessité ?


julief
08/01/2010, 19h29
Bonjour,

En recherche d'emploi (en EHPAD entre autres), je m'interroge sur le bienfondé des diverses spécialisations qui foisonnent en M2. Sur la fac de Toulouse existe un master 2 pro de spécialisation "géronto".

Sachant qu'on a toujours affaire à un sujet en premier lieu et non à son âge ou encore à un syndrome particulier, une maladie neurologique ... que peuvent nous apporter ces masters et au contraire de quoi peuvent-ils nous priver à être à ce point restrictifs ?

Vaste débat ...

Peut être que certains psychologues issus de ce master pourraient donner leur point de vue, et d'autres également exerçant en EHPAD et qui n'aurait pas fait cette formation ?

merci

dominiqueC
09/01/2010, 11h07
Sachant qu'on a toujours affaire à un sujet en premier lieu et non à son âge ou encore à un syndrome particulier, une maladie neurologique ... que peuvent nous apporter ces masters et au contraire de quoi peuvent-ils nous priver à être à ce point restrictifs ?

Vaste débat ...


Bonjour,

Vaste débat effectivement. De quelle formation êtes vous diplômée ?

Tout d'abord, et après avoir un peu réfléchi à votre question, je souhaiterais faire une rapide mise au point sur la gérontopsychologie et la neuropsychologie. Vous parlez d'âge, puis de syndrome et de maladie neurologique.

La gérontopsychologie est une spécialisation ayant pour objet les processus psychiques, voire cognitifs et somatiques qui s'opèrent dans le vieillissement de l'adulte.

La neuropsychologie n'est pas à proprement parlé une spécialisation dans le sens où elle n'a pour objet aucune population en particulier. A l'instar de la psychanalyse, par exemple, elle offre un cadre de référence valable pour l'enfant, l'adolescent, l'adulte et la personne âgée.

Ceci étant dit, est-ce qu'il est possible de sortir le "sujet" de son âge ? Je ne le pense pas. L'enfant en développement est en proie à des processus (ou conflits, etc.) spécifiques à son état. La personne âgée est également entrainée dans des enjeux très spécifiques.

Concernant la question du somatique et du neurologique, certains psychologues travaillant dans des services somatiques rapportent l'existence de problématiques très particulières, au point où des congrès de grande qualité se montent sur, le VIH par exemple, ou encore les processus psychiques chez la personne atteinte d'un cancer, etc.

Les troubles neurologiques chez la personne âgée, pour revenir sur votre exemple, sont autant d'éléments qui vont contraindre les comportements, les pensées, modifier les affects et les possibilités d'intervention auprès de ce public. Disposer de ces connaissances lorsqu'on travaille auprès d'un public âgé atteint d'affections neurologiques peut s'avérer très utile, cela dépendra aussi des projets de services bien sûr.

Pour terminer, je dirais que la psychologie d'inspiration analytique, même si elle offre un cadre global, propose elle aussi des théorisations différentes selon que le sujet a 3, 11, 30 ou 80 ans. C'est un choix universitaire que d'offrir une formation évoquant tous les âges ou propre à une période donnée en fait.

Reste que le choix que font certains quant à leur master est également dépendant de la théorie qu'ils souhaitent aborder (développementale, cognitive, neuropsychologique, d'inspiration analytique..).

Le choix d'un master spécifique offre un approfondissement théorique que n'offrent pas forcement les formations généralistes. Bien sûr, les stages durant la formation sont également des éléments à considérer.. Nous pourrions aussi aborder la question de la formation continue, des DU, des passerelles qui s'offrent aux psychologues mais bon, le débat s'en trouverait considérablement élargi :eek:



Bon courage pour votre recherche d'emploi.