Afficher la version complète : Les médecins généralistes Suisse pourraient utiliser les TCC comme thérapeutes
L'aticle [ur=http://www.uemg.ch/utilTCC.pdfl]ci-joint[/url] semble militer pour la formation des médecins généralistes (suisse) comme thérapeutes TCC
Quelques remarques :
1) cela restreint (en Suisse) le champ des psychologues
2) on notera, que comme les médecins généralistes sont pressés, les séances sont raccourcies de 45mn à 20-30 mn dans la mesure ou l'objectif a été mieux cerné (!)
Cet article est effectivement préoccupant dans la mesure où l'application des tcc qui est proposée est trés large, et qu'elle serait faite par des professionnels dont les connaissances en psychopathologie sont incosistantes. Une analyse focntionnelle trop rapide d'un cas d'agoraphobie peu mener à bien des errances et des malentendus (négligeance d'une comorbidité, etc.).
Toutefois, dans certains domaines préçis, l'usage des tcc par un médecin non-psychiatre ne me semble pas choquant : dans l'accompagnement des maladies graves (cancers, ...), le sevrage tabagique, le traitement des troubles du sommeil, l'accompagnement des maladies douloureuses et des problèmes de surpoids ...
Le psychologue, à mon avis, demeure détenteur d'une spécificité de compétence et de formation, et il reste un intervenant privilégié en cela.
Elise Marchetti
20/12/2006, 22h10
Alors là je ne suis pas du tout d'accord!!
Les médecins ne sont pas du tout formés dans l'accompagnement des maladies graves (qu'il s'agisse des cancers, des cardiopathies, du VIH/Sida, etc.), et les addictologies, les troubles du sommeil, les douleurs chroniques, l'obésité associé ou non à des troubles du comportement alimentaire peuvent être, certes, du domaine médicale qui a ses spécificités (traitements notamment), mais également du domaine du psychologue (en tant que psychothérapeute).
Les domaines d'action décrits par Cauvin sont spécifiquement ceux des psychologues de la santé et des psychologues cliniciens et la position même de médecin ne permet pas d'adopter parallèlement une position de psychothérapeute (même utilisant les TCC).
Le médecin a un discours d'expert et le psychologue a une position de non-savoir, de non-pouvoir (cf. G. Poussin) et de non-jugement... C'est totalement contradictoire.
L'accompagnement des maladies graves -pour me centrer spécifiquement sur ce domaine que je connais très bien- nécessite par exemple un travail d'élaboration autour de la maladie, notamment en explorant avec le patient ses représentations personnelles qu'il a concernant sa maladie (ses conséquences, sa durée, etc.), ses théories étiologiques qu'il a lui-même élaborées et qui sont bien souvent en totale contradiction avec les théories biomédicales. Ceci n'est guère compatible avec la position de médecin.
Je suis même étonnée qu'on puisse envisager de laisser ce domaine de compétence à des médecins...
Outre cette notion de position, il y a la notion de formation.
Et quand bien même les médecins auraient suivi une formation concernant les TCC, il n'empêche qu'ils n'ont pas le minimum de bagage recquis concernant la psychopathologie (alors que les psychologues ont quand même 5 années d'études!!). J'ai beau suivre un DU de prise en charge de la douleur ou de réadaptation cardiaque et bien connaître le schéma BASIC (bêtabloquants, anti-agrégants plaquettaires, statines, etc.) des médicaments à prescrire en prévention secondaire post-infarctus du myocarde, il n'empêche qu'un psychologue ne viendrait jamais se positionner à ce sujet. Car là n'est pas son rôle. En revanche, il se situe dans l'accompagnement de la maladie.
Que chaque professionnel reste à sa place. Nos rôles sont complémentaires. C'est uniquement de cette manière que nos patients pourront traverser ces épreuves difficiles que sont la maladie.
J'entends bien que la souffrance psychologique de certains malades sera bien mieux accompagnée par un psychologue.
Je me suis peut-être très mal exprimé ... Et je reprends donc : je penses que les généralistes et médecins non-psy peuvent utiliser dans un certain nombres de contexte des techniques d'aide issues des TCC ... alors peut-on appeler cela des "(psycho)thérapies" ? Certainement pas et si j'ai fait à l’écrit l'amalgame entre «*tcc*» authentiques et "techniques comportementales" ou "médecine comportementale", c'est une réelle faute. En tous cas, dans les domaines comme le sevrage tabagique, la gestion de la douleur, la gestion des habitudes alimentaires et dans la prévention des habitudes-comportements à risques (sur le plan cardio, par ex.), je penses que les médecins peuvent proposer des aides techniques très utiles qui ne se confondent pas avec une psychothérapie mais qui empruntent les fondements théoriques et des pratiques des tcc. Cela est d’ailleurs enseigné aux médecins qui en font la demande en France (DU, Aftcc, ...)et je n’y vois aucun mal... C’est le terme d’*«*accompagnement*» qui semble avoir provoqué le malentendu : il était - je l’admet complètement - très imprécis et renvoyait, pour moi, à des aides circonscrites dans la relation du malade avec sa maladie. Ces aides (concernant les stratégies d’ajustement, par exemple) sont susceptibles d’être fournie par le médecin lorsque l’état psychologique du patient n’est pas particulièrement problématique (car, d’autre part, l’intervention du psychologue dans toute souffrance face à la maladie n’est pas à toujours souhaitable).
Ainsi, certains spécialistes de la douleur - non psychiatres - ont été des précurseurs de ce type d'aide en France (F. Boureau, par exemple, par ailleurs introducteur en France des évaluation visuelle analogique d'évaluation de la douleur)... Et certains médecins nutritionnistes utilisent avec un certain bonheur des techniques cognitives et comportementales dans le suivi des patients en surpoids ... ce qui ne les exhonèrent pas d'ailleurs de les adresser à un psychologue, si des facteurs psychologiques trop lourds grèvent le traitement.
Par ailleurs, vous disiez que certains médecins ne sont pas formés à l'accompagnement des maladie graves. Certaines techniques d'aide s'adressent justement à ceux qui veulent l'être davantage sans leur conférer le pouvoir de se substituer à un psychologue.
En fait, cela concerne un champs réduit d'intervention qui ne menace pas, à mon avis, les psychologues et, surtout, leurs patients. Il s'agit de proposer des «*techniques*» adjuvantes à un traitement médical/ Il ne s'agit pas réellement «*d'écouter*» ou de proposer un soin psychologique aux patients ... intervention qui revient au psychologue et, à ce sujet, je n’en discute pas. Si la souffrance psychologique persiste, il est évident que ce n'est plus du ressort du médecin.
Je maintiens mon avis quant à l’article en question à propos duquel je penses que nos avis se rejoignent.
Elise Marchetti
22/12/2006, 19h11
Merci d'avoir clarifié votre pensée.
Effectivement, conséquemment, nos avis se rejoignent... et je pense tout comme vous que les médecins, s'ils font le choix de se former à certaines techniques qu'ils pourraient utiliser *dans le cadre de leur pratique médicale*, comme la prévention, pour reprendre un de vos exemples, peuvent en effet apporter une aide et un soutien non négligeable à leurs patients. Et dans ce cas, cette aide n'est pas, n'empêche pas, ne remplace pas, ne se confond pas avec une psychothérapie (TCC ou non) que peut proposer un psychologue à ces mêmes patients.
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