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Afficher la version complète : Psychologue dans la Police Nationale : statut en déperdition


policepsys
17/04/2007, 21h19
Bonjour,

Voici une lettre ouverte que nous avons adressé à Monsieur Sarkozy, suite à des changements de nos conditions de travail, sans en avoir été informé au préalable et sans avenant de contrat.

Dans l'attente de vos avis...

Monsieur Sarkozy,

En 2006, le ministère de l'intérieur a mis en place des postes de psychologue au sein de divers commissariats en France, à votre initiative, dans le but de consolider les initiatives locales d'aide aux victimes, d'aider à prévenir la récidive en matière de délinquance, et participer à la formation continue des fonctionnaires de police. Bientôt au nombre de 26, ces psychologues dépendant de la Direction Centrale de la Sécurité Publique voient leurs conditions de travail se détériorer depuis leur prise de fonction en octobre 2006, pour les plus anciennes.
Ces psychologues, spécialisés dans leur domaine, recrutés pour leur cursus universitaire et professionnel méritant, ainsi que pour leurs compétences spécifiques, ne sont pas reconnus dans leur qualité, et se voient progressivement destitués des prérogatives dues à leur profession. Qui plus est, les conditions d'emploi qui leur sont imposées mettent en péril la qualité de leurs interventions, leur inscription dans un partenariat solide entre la Police Nationale et les institutions extérieures, et par voie de conséquence leur motivation à long terme.
Au vu du manque de réflexion préalable à leur mise en place et leur intégration, et du désinvestissement de la hiérarchie lorsque des questions sont soulevées, beaucoup craignent aujourd'hui que sous cette louable mesure se cache un voeu pieux à valeur d'argument électoral plutôt qu'une tentative pérenne d'amélioration du traitement des victimes et de la prise en charge des auteurs.
Outre l'absence de concertation entre les ministères de l'Intérieur et de la Justice, qui pèse sur leurs activités dans certaines situations délicates, le maintien délibéré de ces professionnels de la DCSP dans la précarité entame leur sentiment du bien fondé de leurs activités :
– assimilés fonctionnaires, ils n'ont pour toute perspective que la succession de Contrats à Durée Déterminée de deux ou trois ans,
– tout d'abord embauchés sur une base de 39 heures, ils sont maintenant unilatéralement contraints aux 35 heures, avec suppression sans préavis de leurs ARTT. Qu'en est-il du droit à travailler plus et du temps de récupération accumulé , pour des contractuels ?
– Après six mois d'exercice, leur temps initialement alloué de Formation Information et Recherche leur est retiré sans explications. Rappelons que ce temps, nécessaire à l'actualisation des connaissances, à la préparation des actions de formation qu'ils doivent conduire dans le cadre de leurs missions, à l'établissement et au maintien d'un partenariat solide avec le milieu associatif, qui prend le relais de leurs interventions, ainsi qu’au maintien des relations avec l'ensemble de la profession, est un droit qui n'est pas remis en question pour les psychologues appartenant aux autres directions de la Police Nationale (DAPN pour les psychologues du Service de Soutien opérationnel, et DFPN pour les psychologues de la Formation et du Recrutement).
– Il est en outre en projet de rajouter à leur temps de travail des astreintes (nuit et week end), sans les tenir informés de leur fréquence, leur durée, ou du montant de leur dédommagement.

A combien d'autres surprises doivent-ils encore s'attendre?

Il est par ailleurs important de souligner que la nouvelle circulaire établie par la Direction Centrale instituant ces mesures, ne s'est en aucun cas appuyée sur d'éventuelles suggestions, plaintes, concertations ou discussions locales, car les Directeurs Départementaux de la Sécurité Publique concernés n'ont pas été consultés sur leurs rapports avec les psychologues oeuvrant au sein de leurs directions, ni sur leur appréciation du travail rendu.

Précisons également qu'aucune compensation salariale n'est prévue pour la perte progressive de leurs avantages.

Intégrer l'institution policière, cette « grande famille », et s'y adapter est une tâche ardue pour le psychologue, qui doit apprendre des règles de fonctionnement qui lui sont étrangères tout en informant sans relâche ses nouveaux collègues sur la nature de son travail et sa façon de le mener à bien. Il doit quotidiennement faire face aux représentations parfois farfelues qu'entretiennent ses nouveaux collègues sur son métier, et s'attacher à les déconstruire pour faire entendre sa version de la vérité, tout en se familiarisant avec le mode de fonctionnement spécifique de la police, ses rouages, sa hiérarchie, afin de mieux s'y adapter. Si ces difficultés sont ici rappelées, c'est parce que la DCSP devra se préparer à y faire face et à les prendre en compte lorsque ces cadres de catégorie A, embauchés au rabais (salaire de base : 1300 euros), refuseront la reconduction de leurs contrats, contraignant le ministère de l'intérieur à organiser régulièrement des vagues de recrutement sur ces postes, et à attendre patiemment que les nouveaux venus puissent prendre leurs points de repères, délayant d'autant leur opérationnalité. Vous avez, nous le pensons, une autre vision de la qualité et de la pérennité du service public.

Malgré cette déception, ces psychologues persistent à croire en leurs missions, et se battent pour définir leur cadre d'emploi en accord avec les contingences locales. Ils attirent ainsi votre attention sur la disparité des traitements dévolus aux psychologues contractuels de la police nationale en fonction de leurs directions d'appartenance, différences qui leur sont incompréhensibles et non justifiées.

Nous vous demandons donc de bien vouloir vous pencher sur ces réflexions, dans l'intérêt de cette belle initiative qui ne doit pas être mise en péril par le manque d'investissement et d'organisation qui semble être à l'origine de ces décisions malheureuses.

Dans l’attente d’une action de votre part, veuillez agréer, Monsieur Sarkozy, l’expression de nos plus sincères et respectueuses salutations.


Collectif de « psychologues police »

05/05/2007, 09h57
je crois en effet que vous avez besoin d'être soutenu, si NS passe, vous ne serez pas les seuls à voir votre statut en déperdition!!

ddelenda
06/06/2007, 16h57
Je comprends les difficultés, mais travailler dans/pour/avec la police nationale, c'est se situer du coté du maintien de l'ordre.
Pour avoir été confronté a ce genre de situations (partenariat quasi imposé avec les forces de l'ordre dans le cadre de mon travail clinique), je pense que c'est une position ethiquement intenable.
Le social (auquel appartient la police et le discours politique qui la légitime)et le champ clinique ne sont conciliables que sur un plan théorique. Dans la pratique, c'est structurellement voué à l'échec.
Le statut de la parole tel qu'il est conçu dans un cadre policier est aux antipodes de toute conception clinique. Quant a former des policiers a la psychologie, c'est a mon avis un détournement abusif de la psychologie, qui a etre partout, ne sera bientot plus nulle part.
En conclusion, si vous voulez faire de la clinique, fuyez les commissariats.

George
15/06/2007, 20h36
Je suis perplexe....alors travailler dans le pénitentiaire, c'est être du côté du crime, travailler en psychiatrie ou à l'ASE, c'est être du côté du contrôle social, travailler en pédopsychiatrie c'est être du côté de la réeducation, et même être psychanalyste, c'est être du côté de la normalisation (travailler, aimer),.....

Je crois là qu'il y a peut être réflexion hâtive et confusion entre morale et éthique, mais peut être que je n'ai pas bien compris votre propos...ça demande un développement, une argumentation de votre pensée ça au lieu avant de vous suivre et de fuir les commissariats.

papouille
18/06/2007, 16h47
Bonjour au collectif de "psychologues police" et bonjour à tous,

Ayant très peu de temps pour écrire, je vais faire vite et vous me pardonnerez d'être un peu "directe"...

Voilà, je tenais juste à m'associer à votre démarche, je pense qu'il est grand temps de dénoncer les conditions d'exercice des psychologues dans la police mais aussi dans toutes les autres institutions...

Chez vous, évidemment, la situation est extrême et désastreuse mais il me semble que le statut des psychologues et leurs conditions de rémunération sont aujourd'hui en inadéquation avec les exigences de taille que le métier implique au niveau disponibilité, formation initiale et formation continue, discernement de son implicaion personnelle,etc. Il devient difficile de vivre avec un salaire de psychologue de plus peine à trouver un tepms plein...

Tous les psys que je rencontre trouvent la situation inacceptable mais pourtant personne ne fait rien... Peut-être parce que les psychologues st requis là où se doivent d'être élaborés puis pacifiés les conflits et certainement pas pour en créer!

Et pour l'anecdote, beucoup de nos confrères ou consoeurs se voient renvoyer dans leur cercle relationnel l'importance des salaires présumés des psychologues!!...

Pour revenir à votre courrier, il me parait être une excellente initiative... Puisque les pétitions sont de sortie, cela pourrait'il être envisagé?

D'aucuns seraient-ils intéressés pour en mener un, par la suite,ou en parallèle - mais je ne souhaiterais pas qu'il puisse faire de l'ombre à votre démarche qui est prioritaire- concernant l'ensemble du corps professionnel?

Bon, j'aurais aimé pouvoir élaborere plus avant autour de la fonction du psychologue mais le temps n'est plus... je reviendrai, vous lire à tout le moins...

Bonne continuation,
Cordialement,
Papouille.

NB: quelqu'un sait'il si les états généraux de la clinique n'ont pour objet que la formation ou également les conditions de travail et de rémunération?