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Afficher la version complète : entretiens psychologiques par internet


guada42
28/01/2008, 17h49
Bonjour à tous,
Je suis psychologue, je ne vous apprendrai pas qu'il est difficile de trouver un poste à temps plein en tant que psychologue. J'ai des heures à droite à gauche (maison de retraite, clinique psychiatrique) j'effectue également un doctorat et j'aimerai pouvoir effectuer des entretiens psychothérapeutiques par internet... par contre, je ne sais pas comment cela marche et comment je dois m'y prendre pour pouvoir avoir quelques heures par ce biais. J'imagine que ce doit être comme en libéral, mais ou m'adresser pour avoir tout les renseignements?Je possède un N° ADELI. Je suppose qu'il me faudra créer un site internet, travailler par vidéo-conférence par ce que j'ai pu voir...J'imagine qu'il me faudra me créer un statut de travailleur en libéral...?Par contre, un cabinet très peu pour moi, car j'ai déjà fait l'expérience, et rien de tel pour ne plus avoir de vie de famille, avec toutes les charges!!!...J'ai peut être également la possibilité d'effectuer des entretiens à domicile??J'attends vos bons conseils et connaissances, merci d'avance... :-)

minette
28/01/2008, 18h05
Bonjour guada42.
Ce qui vous motive à faire des entretiens par le net, c'est de pouvoir pratiquer en libéral, avec l'idée de moins atteindre votre vie de famille... Je ne sais pas: par visio conf, vous pouvez aussi avoir un agenda bien rempli...

D'un point de vue clinique en tout cas, ça n'est pas sans m'interroger, et vue les contraintes qu'il y a pour s'installer en libéral, et vue le nombre de psycho sans travail, je pense que si ça nétait pas si complexe que cela, beaucoup d'entre nous pratiquerions ainsi.
Peut-être que cette pratique est amenée à se développer avec le développement du tout virtuel.

Après, de leurs côté, je ne sais pas si les éventuels clients seraient enclins à se confier dans le cadre d'une psychothérapie sans la dimension du face à face direct (car il serait virtuel). De plus, la démarche n'est pas la même pour le client qui n'aura plus à sortir de chez lui, prendre sa voiture, éventuelement retirer l'argent qui permettra de payer sa séance, attendre dans la salle d'attente de son psy, et reprendre sa voiture après la séance, avec tout ce que ça aura remué en lui...

Je ne suis pas forcément opposée à votre idée, mais, cela ne me laisse pas sans questionnements, et je pense qu'il serait bon pour vous d'être suffisament au clair avec cela et différents enjeux avant de vous lancer.

Cordialement,
Minette

lacloc
29/01/2008, 11h30
Bonjour!
je suis d'accord avec Minette même si mon avis est peut être plus tranché...
Effectivement, où se trouve la symbolique du déplacement et tout simplement du paiement en fin de séance? Aller voir un psychologue est souvent une démarche difficile qui, une fois franchie a permis au patient de déjà entamer un travail...qu'en est-il dans ce cas?
et n'est-ce pas connu qu'il est beaucoup plus facile de parler et de s'exprimer derrière un écran d'ordinateur que face à une personne? ne resentons nous pas moins de gêne?...
ne pensez vous pas que lorsque l'on se retrouve face à une personne, que ce soit du côté du patient comme du psychologue, énormément de choses se jouent...la communication non verbale est-elle repérable par vision conf?
j'ai le sentiment que l'on peut passer à côté de tellement choses par ce biais là...
J'avoue que je me pose également beaucoup de questions quant à cette pratique...peut être m'éclairerez vous de votre point de vue...

Chloé

guada42
29/01/2008, 20h18
Bonjour, Je comprends les questionnements...même si mon interrogation est ailleurs... J'ai beaucoup de mess. de personnes qui doutent, qui critiquent... je trouve cela légitime avec la formation pour devenir psychologue que proposent les cursus universitaires français: déjà, uniquement sur ce point (notre formation), je trouve qu'il y a tellement de choses à dire... D'autre part, je travaille en institution psychiatrique en tant que psychologue, et en musicothérapie de groupe, le non verbal je connais un peu... Je pense franchement que quel que soit l'outil que nous utiliserons, à médiation, théorique, ou autre...le bien-être que nous pourront apporter à autrui, qui décidera de faire la démarche de nous contacter, que ce soit pour se déplacer dans un cabinet, ou sur un site internet, ce sera la personne, responsable, qui choisira. Je vais être direct: j'en ai ras... d'une société qui infantilise autant les personnes... la TV, le syst de conso, et aussi les psys s'y mettent. Soyons sérieux, arrêtons d'être coincés et regardons les pbs là où ils sont vraiment... C'est bien de se questionner, on peut le faire sur tout et n'importe quoi, mais il faut aussi sortir des carcans... Désolé,voilà ce que je peux dire pour vous éclairer... La visio-conférence a cette utilité de pouvoir s'exprimer aussi lorsque l'on a pas la possibilité de se déplacer... pensez à cela... L'immédiateté de la communication aussi... avec des limites, j'en convient, mais peut être plus de souplesse qu'avec un psy dans un cabinet. Arrêtons d'avoir peur de tout et de n'importe quoi... La confiance, c'est aussi important, en restant prudent, j'en conçoit, mais nous ne sommes pas en sucre tous autant que nous sommes... sinon nous ne contactons pas un psy par le net...non? merci! :-)

Marie Marie
29/01/2008, 21h31
message effacé

niele
30/01/2008, 00h34
Bonsoir,

après plusieurs lectures de votre message, je voudrais dire que le questionnement du cadre d'exercice du psychologue est indispensable, utile et bénéfique.

Il ne me semble pas pertinent de vouloir "à tout prix" élargir le cadre de notre pratique si celui-ci perd de son sens ou pire risque de s'écrouler. Encore moins de le faire parce que l'absence d'offre d'emploi nous y pousse ...

Je suis dans une situation professionnelle qui pourrait ressembler à celle que vous décrivez et je me pose les questions suivantes sur le projet que vous présentez : quel(s) sens pouvons-nous donner à cette façon de consulter un psychologue ? Et quels sont les outils disponibles pour le psychologue qui travaille derrière (devant) l'écran. Qui seront les clients de ce média et que viendront-ils chercher ou quelle sera la demande formulée ? Enfin, quel sera le cadre et les limites de cette pratique à distance ?

Moderniser la psychologie et ses pratiques ne veut pas dire s'écarter du code de déontologie. Je crois que le média internet et son exploitation nous en éloigne, sans offrir quelque chose de mieux.

Pour avoir travaillé avec des personnes ne pouvant plus se déplacer du fait de leur âge ou de handicaps physiques, j'ai du réfléchir aux façons d'établir une relation d'aide (lorsqu'une demande est faite par un tiers, en plus) et ai choisi, sans pouvoir vraiment m'en satisfaire, d'aller à la rencontre de ces personnes. J'ai donc mené des entretiens psychologiques dans des espaces "semi-privés" (en EHPAD, la chambre d'une personne résidente est, à la fois, privative et au sein de l'institution)et ai fait l'expérience de la complexité d'être à l'écoute au sein d'un cadre inaproprié (intimité du lieu, téléphone, interruptions ...).

J'espère avoir, malgré la longueur du message, pu partager l'idée essentielle : le cadre et le dispositif (qui sont en mouvements et ce en fonction de nos références théoriques et personnelles)sont des appuis indispensables à notre pratique de psychologue. Je ne suis pas certaine qu'ils seront transposables à des entretiens par internet.

Cordialement. Nathalie Faure

guada42
30/01/2008, 15h38
J'utilise jamais les forums, c'est très rare, et donc pour que je puisse espérer avoir une "réponse", j'utilise plusieurs châpitres du forum... no problem :-)

guada42
30/01/2008, 15h43
Beaucoup de personnes seules ont parfois juste besoin d'un soutien...peu importe le cadre. Faut pas se borner à la thérapeutique à tout prix, même si je suis persuadé qu'avec l'outil internet on puisse aussi apporter une influence thérapeutique. Je suis un expérimentateur, j'essaie de vivre dans mon époque.Utilisent des cadres coincés ceux qui sont coincés...sinon tout cadre me semble intéressant...merci :-)

30/01/2008, 16h00
Ah, mais qu'est-ce que votre intervention apporterait en plus, ou justifierai un paiement, pour une personne qui peut se plaindre à un de ses potes sur msn?

Comment faites vous pour jouer avec la multiplicité de sens d'un même mot? Vous écrivez "jouissance", la personne lit jouissance, "j'ouis sens" passe à la trappe..."en corps" se prononce "encore", mais s'écrit...comment jouer sur l'ambiguité??mmh?
ça coince aux entournures...coincera bien qui coincera le dernier!
:lol:

guada42
30/01/2008, 16h09
Je trouve très intéressantes vos remarques et je suis d'accord avec vous sur le fait qu'il faille réfléchir sur le cadre de notre pratique, le côté ethique, etc...Je ne sais pas depuis combien de temps vous pratiquez?...Je suis un de ceux qui veulent défendre la profession de psychologue. Le problème est que nous ne vivons pas (ou plus)dans un monde, à mon avis, où la réflexion et la discussion vont apporter des solutions... qui iront dans un sens "bénéfique". Je ne suis pas pessimiste, je suis quelqu'un de très critique, peut être comme vous, et j'ai observé à travers mes différentes pratiques, que le psychologue était un bouche bonne conscience pour un milieu médical (somatique et psychiatrique) tout puissant et soumis à une loi de rendement.Parfois, dans certains services, il n'y aurait pas de psy que tout deviendrait plus clair.Le fantasme du psy électron libre dans sa pratique est un fantasme...le médecin et la chimiothérapie décident avant toute chose, ensuite le psy a la "parole"(je parle du milieu psychiatrique) - A ce titre je vous encourage à lire Pignarre Philippe (qui a un site avec beaucoup d'articles sur net, dont certains sur les "véritables" origines de la pensée et du soin psychiatrique).Ainsi,je pense que l'éthique est bafouée à plus d'un titre dans la réalité du soin (en général) dans notre société...que dire du code de déontologie du psychologue...un code de bonne conduite pour nous donner bonne conscience...?les personnes qui sont vraiment dans l'aide d'autrui en restent-elles à de telles considérations?Je pense qu'aujourd'hui le psy est relégué (en règle générale) à une position de bien penseur, mais de non faiseur. Pour ma part je défends l'idée d'un "psy-action"(psy-parole est plus sérieux), pour parler actuel...et non pas d'un "psy-silence" moralisant.Revendiquons notre droit à travailler avec des salaires égaux (un psy est un psy: y'a des psys au rabais...)et des temps pleins: j'ai eu 7 employeurs en même temps à une époque...L'instinct de survie nous dicte de survivre, le code de déontologie actuel nous dicte de nous taire... à mon sens... J'espère aussi ne pas avoir été trop long...merci. Cordialement. Guada42.

ingrid
30/01/2008, 19h00
Oui et puis la position du sphinx c'est vraiment un cliché. Le silence peut se vivre de différentes manières, moralisatrice mais aussi être apaisant, soutenant, angoissant parfois, le silence permet aussi de prendre la parole, la sienne et pas celle du voisin, et puis quand derrière soi d'un coup ça parle (forcément quand on s'y attend le moins) et bien ça nous renvoie qqc d'important vous savez ces petites choses qu'on dit sans savoir qu'on les dit.

guada42
01/02/2008, 11h01
Réponse à Jack_adi (pseudo d'ailleurs très révélateur d'un sentiment de toute puissance...si ce n'est pas de l'humour infantil évidemment).
Je pense qu'il faudrait que vous puissiez lire entre les lignes, ou même seulement lire ce que j'écris (dans un premier temps), pour tenter de comprendre ce que j'exprime clairement. Vous interprêtez à tout va de manière décousue et moralisatrice, voire culpabilisatrice... Vous pratiquez toujours? Vous devez être le genre de psy fatiguant, qui use plus qu'il ne donne... Vous vous endormez parfois derrière vos clients ou êtes vous passé à la manière moderne du face à face? Alors OUI!Je suis un frustré, tout comme vous, et j'utilise l'agressivité comme défense essentielle face à des endormeurs de pensée comme vous.MERCI!!!Tchao! :-x

guada42
01/02/2008, 11h03
Tout est une question d'équilibre... :-o

guada42
01/02/2008, 11h04
Merci Balbina pour tuyaux... :-D

ploum
01/02/2008, 15h40
Guada,
c'est vrai que certains psys sont un peu réac: j'ai assisté un jour à une conférence où l'intervenante tenait un discours sur le "virtuel" qui était à l'entendre le mal absolu, sans avoir passé une seconde à définir ce que "virtuel" pouvait signifier. J'aurais cru entendre ma grand-mère, le jargon psy en plus.
Cependant il me semble que beaucoup de collègues vont ont répondu, non parce qu'ils étaient figés, coincés dans leur pensée, mais parce que le cadre que vous envisagez les questionnait pour de nombreuses raisons, qui ont déjà été détaillées.
Et je les rejoins dans l'ensemble, sur les lacunes techniques pour le praticien comme sur les motivations du "cyber-patient" très impatient. Excusez la comparaison, mais ceux qui consomment du sexe sur des sites de strip-tease en ligne sont-ils les mêmes que ceux qui se rendent chez une prostituée? Ou trouvent-ils dans cette relation partielle un plaisir qu'ils n'auraient pu prendre en vis-à-vis?
Ce que je veux dire, c'est qu'il ne suffit pas de dire que c'est "plus pratique" pour faire le tour des enjeux de cette modification du cadre.
Il ne s'agit pas de dire que c'est mal juste parce que c'est neuf. Je m'intéresse énormément aux modifications du cadre pour s'adapter à des patients qui ne peuvent s'inscrire dans une relation en face à face, des ateliers de médiation au psychodrame, en passant par la thérapie par les jeux vidéos telle que la théorisent Virole et Stora. Alors vous voyez que ce n'est pas une opposition de principe au "virtuel" de ma part! Cependant il me semble que l'élaboration psychique nécessite une temporalité, que délaisserait justement un "psy-agir" accessible d'un clic, de chez soi, et avec qui le patient éviterait toute confrontation relationnelle réelle. Ce n'est pas la modification du cadre qui me rebute, simplement il faut juste savoir pourquoi on le fait et ce que ça implique.

Echo
01/02/2008, 18h01
bonjour, je suis psychologue clinicienne depuis 15 ans et j'ai travaillé dans différentes institutions et en libéral pendant 5 ans. Je comprends la position de guada, et ses propos ne me choquent absolument pas d'autant plus que je n'ai jamais entendu qu'il prônait de ne plus penser, bien au contraire, et même de penser avec une sage philosophie. J'ai travaillé à l'étranger et en France dans des contextes très différents, ma formation initiale en France est analytique mais franchement la psychanalyse et son application stricte est un luxe et je vois comment les gens qui ont souffert là où je les ai rencontrés avaient besoin d'un cadre très adapté!!! le psychologue qui se réclame psychanalyste avec un cadre rigide et un état d'esprit fermé ce n'est pas du tout ma conception humaine du lien thérapeutique.Ce que je veux juste dire par là c'est qu'il faut avoir une ouverture d'esprit , cela ne veut pas dire que l'on ne respecte pas le psychisme des gens qui veulent consulter par internet et cela ne veut pas dire ,non plus qu'il ne faille pas se poser de questions sur cette nouvelle forme d'entretiens. Par contre votre virulence à l'égard de guada me surprend, je touve qu'il apporte un questionnement très intéressant.Respectueusement.

coksie
01/02/2008, 19h44
Bonsoir

Un point qui m'interpèle dans ces entretiens par internet c'est la question du paiement. Comment comptez-vous vous y prendre? Mettre un bouton "entrez-votre numéro de carte bleue ici et un psy vous répondra"? (désolée d'être un peu brusque mais je n'arrive pas à imaginer le concept)

Bien que jeune et ouverte aux nouvelles technologies, je n'arrive pas à imaginer un cadre d'intervention sur internet mais je serais intéressée d'en apprendre plus sur les modalités que vous aimeriez proposer.

Sinon oui, c'est dur de trouver un poste. Diplômée depuis juillet 2006, j'ai trouvé mon 1er poste en octobre dernier pour 20h.... par mois donc je n'en vis pas, loin de là.

Bonne soirée à tous
Coksie

guada42
15/02/2008, 10h52
Bonjour, Je trouvais ce forum "déprimant", et par curiosité, et face au manque de réponses concrètes (quelques unes qui m'ont bien aidé tout de même...merci pour vous) par rapport à mon questionement initial, je n'ai plus insisté... trouvant même la démarche limite dangereuse... je pensais... il y a longtemps... vivre dans une démocratie, mais tout n'est pas bon à dire et les képis pointent très vite leur visière: Que pensez-vous de la démocratie policière? NON,c'était une blague!!!!Ce ne sera pas un nouveau sujet de forum,je dois me consacrer à ma recherche d'emploi pour pouvoir survivre!!!!Excusez-moi de m'excuser,comme disait quelqu'un d'inconnu.Vous êtes HUMAINE!!!Echo??Merci de votre message en tout cas, ça fait du bien....Je pense me consacrer dorénavant au test de Turing sur forum... Bonne journée à tous!!!Et "Bonjour chez vous!!!"

guada42
15/02/2008, 11h20
Je suis à mon tour désolé d'être un peu brusque(mais entre collègues on va pas se gêner,en tant que psy faut être prêt à tout non?),je sais de quoi vous parlez...moi aussi j'ai du mal à supporter cette facilité d'échange dans les relations spéculatives inter-relationnelles(à tout les niveaux d'ailleurs...), mais je me pose également une question: faut-il se laisser envahir par la forme?Ou faut-il se dégager de l'illusion dans l'espoir de pouvoir venir en aide à autrui?Nous n'avons pas le choix des formes aujourd'hui, contrairement à ce qu'on veut bien nous faire croire...que nous appuyons sur un bouton, ou que nous donnions du liquide de main à main, je pense que le résultat est le même et que c'est l'intention véritable de celui qui crée l'échange,c'est à dire le psychothérapeute (qui crée l'offre),qui sera important dans la relation avec la persone qui a un problème(l'intention dans la démarche de cette dernière reste ensuite de sa responsabilité à elle:la volonté de se sortir d'une situation difficile appartient à cette personne - nous ne sommes et ne serons jamais des magiciens-).En fait,je pense que si ça gêne une personne d'appuyer sur un bouton de carte bleue (ce que je peux comprendre), elle aura toujours la possibilité d'envoyer un chèque...Merci de votre interpellation,je me suis également beaucoup posé ce genre de questionnement...aussi d'un point de vue pratique vous vous en doutez... Cordialement.

19/02/2008, 11h54
Bonjour,

Je me permets de reprendre vos propos :

"faut-il se laisser envahir par la forme? Ou faut-il se dégager de l'illusion(...)?"

...pour vous poser humblement une question : le dispositif classique de mise en présence des corps (face à face ou psychanalytique) n'est-il pas au contraire tout ce qu'il y a de plus réel?
C'est en revanche du côté du virtuel que l'on se situerait davantage sur le versant de la forme et de l'illusion.

La question du virtuel est bien sûr plus compliquée mais schématiquement, il faut quand même retenir que l'écran (à lire dans la polysémie du terme) favorise le spéculaire.

En résumé, Guada, si vous vous réclamez du référentiel psychanalytique, le dispositif que vous vous proposez risque d'entraîner quelques incidences. Car à faire l'économie des corps, vous faites immanquablement l'économie du transfert.

Bonne chance,
Geoffroy

guada42
22/02/2008, 01h03
Vous avez sûrement raison Geoffroy... et je suis bien placé, travaillant essentiellement en musicothérapie (infra-verbal) et en relaxation profonde au niveau groupal et individuel... hors virtuel de surcroît... mais comme me le disait un bon ami tibétain vivant dans les montagnes, et marchant parfois 4h/jour... rien de tel pour le corps... : "le paysage est illusion, le soleil est illusion... la seule réalité est en nous"...

laurence-psy
22/02/2008, 11h24
Je cite Echo "le psychologue qui se réclame psychanalyste avec un cadre rigide et un état d'esprit fermé ce n'est pas du tout ma conception humaine du lien thérapeutique." - et je ne suis pas loin de penser la même chose. On a tendance sur ce site en particulier, et en France en général, à confondre Psychologue et Psychanalyste. Or tous les psychologues (même "cliniciens"), et même s'ils se réfèrent à la psychanalyse dans ses fondements, n'ont pas nécessairement fait le choix d'être "psychanalyste" (ce qui est mon cas).

Un peu d'ouverture d'esprit ne nuirait pas à la profession... et qui dit "ouverture" ne dit pas n'importe quoi. Je pense que nous en sommes tous conscients déontologiquement parlant.

Quant aux entretiens via internet, il y a probablement un beau sujet de thèse à développer, une étude à entreprendre, car il y a fort à parier que l'on gagnera d'un côté ce que l'on perd d'un autre, en matière de signifiant.

laurence-psy
22/02/2008, 13h29
Lorsque l'on parle d'entretiens via internet, je suppose ne pas me tromper en disant qu'aucun de nous n'envisage de pratiquer la "cure analytique" par ce biais.

Quant aux pratiques de vos consoeurs et confrères, ayez l'amabilité de les respecter, même si elles ne sont pas strictement de la même obédience que la vôtre. Pour ma part, ce qui me questionne toujours (pour vous citer), c'est la levée de boucliers toujours brandie dès que l'on sort stricto sensu de la pure sphère psychanalytique, quelles que soient nos orientations. De ce fait, je ne m'étonne point que d'aucuns assimilent la psychanalyse à .... une secte !

Je suis psychologue-clinicienne, supervisée de surcroit - ne vous en déplaise ! Je ne pense pas non plus jouer avec la déontologie de ma profession. Mais j'ai vécu ailleurs, dans d'autres pays, où j'ai pu sortir des conceptions franco-françaises sur la psychologie et la thérapie.

confraternellement...

28/02/2008, 20h41
Je reprends à nouveau vos propos, Guada :

"comme me le disait un bon ami tibétain vivant dans les montagnes, et marchant parfois 4h/jour... rien de tel pour le corps... : "le paysage est illusion, le soleil est illusion... la seule réalité est en nous"..."

Vous êtes sûr que votre "ami" n'est pas resté un peu trop longtemps dans les montagnes? Parce que "la vérité est en nous", ça produit une résonance étrange à mes oreilles...

Que le langage génère sa propre vérité, soit. Là, on reste dans la structure. Mais dire qu'il n'y a qu'une seule réalité et que celle-ci nous appartient, c'est un peu comme si vous me disiez que vous souhaitiez inventer un nouveau dispositif thérapeutique sans faire appel à aucune théorie...

tagada
22/07/2008, 20h47
Sinon tu n'as jamais pensé à la voyance et l'astrologie ?