Afficher la version complète : les emissions TV
Bonjour à tous,
Actuellement en CA et à la maison, j’ai profité pour regarder les reportages disponibles sur le site internet de TF1 – c’est comme ça que je compense l’absence de TV chez moi.
Bref, je suis assez surprise en regardant différentes émissions qui révèlent la vie des personnes en souffrance comme « Pascal – le grand frère » ou « Confessions intimes » que les personnes intervenant en tant que « spécialistes » sont appelés les psychologues.
Je voulais savoir si la FFPP prend une position par rapport à ces interventions des psychologues. Est-ce qu’il s’agit des psychologues diplômés ou bien on empreint juste le nom de la profession ?
C’est vrai que notre profession est de plus en plus médiatisée. La société aime tout ce qui est « psy ».
Est-ce qu’il faut réagir à ces reportages qui mettent en scène des psys d’une manière qui ne reflète pas le travail et l’image de psychologue ?
Est-ce qu’on a le droit, même dans les reportages TV, de présenter quelqu’un comme psychologue s’il en est pas un ?
Voilà mon questionnement
Quelle est la position de la FFPP ? Qu’en pensent-ils les psychologues ?
bonjour,
j'ai été scandalisée de voir une émission, réputée "sérieuse" où a été invité un étudiant en psychologie, ancien trader, pour donner son avis sur l'homme qui a détourné quelques millions à la société générale.
De son avis, qui a consisté en quelques phrases, j'ai été marquée par celle-ci "il est complètement mythomane" (ou quelque chose comme ça, ma mémoire me trahit - pour cause sans doute pour me protéger de la bêtise ?).
Cet étudiant n'ayant jamais rencontré la personne en question, n'étant guère avancé dans son cursus universitaire, ou dans ses réflexions, était très sûr de son autorité de spécialiste.
ah ah ah ou aïe aïe aïe ?
J'ai une over-dose des psy à la télé (ceux qui ont des propos vraiment respectueux des personnes dont ils parlent sont hélas minoritaires).
chercheur70
12/03/2008, 13h46
pas de tv chez soi, ça doit être terrible...:)))
Patrick Le Lay, PDG de TF1, interrogé parmi d’autres patrons dans un livre Les dirigeants face au changement (Editions du Huitième jour) affirme [1] :
" Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...).
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (...).
Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. "
A partir de là...
Jack a raison... C'est fait pour rire de voir un ado insulter ou se battre avec sa mère... Mais c'est pas drôle. Ca pourrait déclencher une enquête de la DDASS et de l'ASE. Et les boîtes de prod pourraient avoir des ennuis avec la justice...
Bonjour,
J'ai moi aussi regardé "le grand frère" il n'y a pas longtemps et je dois bien avouer que cliniquement il y a quand même quelque chose à penser. Je sais, j'ai du mal à l'écrire et ça peut faire hurler, mais je crois qu'il y a quand même une réussite "thérapeutique".
En fait, à y regarder de plus près, il semble que la caméra joue le rôle essentiel de ce dispositif : c'est par cet Autre qui suit le grand frère que celui-ci se trouve sur-idéalisé; vous remarquerez au passage qu'on lui a fait changer de voiture depuis le début de l'émission, puisqu'il est passé d'une Opel à une Audi. En plus, il ressemble à Zidane. Ca n'a l'air de rien, comme ça mais ce sont autant de "traits" qui participent de l'illusion narcissique d'un super Autre. L'enseignement est naïf mais il rappelle quelque chose d'important : la fonction paternelle, dans ce qu'elle a de structurant, ce n'est pas un père-fouettard de la 3ème république que Mr Sarkozy voudrait réhabiliter : c'est un père idéalisé. Parce qu'il y a sûrement quelque chose d'un peu transférentiel qui se joue sur ce grand dadais. Ce n'est qu'un objet, mais ça marche. Comme dans psychologie des foules et analyse du moi.
Evidemment, on peut facilement imaginer que la "réussite thérapeutique" est aussi éphémère que la durée de passage des caméras... Il y a donc bien de ce point de vue, une forme d'escroquerie et il me semble en effet que dans certains cas, une plainte pourrait être déposée à l'encontre de Tf1.
Bonjour!
j ai découvert cette émission de Pascal The Big Brother cette semaine...j ai hésité entre rire, et me sentir mal devant cet étalage...Je n'ai malheureusement( ??) pas regardé jusqu'à son terme l'émission proposant le ménage de printemps dans la famille...
L'adolescent jouissait avec un grand sourire de dire à sa mère ta gueule...sourire à la caméra, jeu d'acteur, jouissance??
Grand frère qui regarde cet épisode par écran interposé...mélodramatisé par l'information au spectateur d'un décès d'ami...hum??
C'est le superman des temps modernes..défendant la veuve et l'orphelin..d'ailleurs à l'instant où j ai éteint ma télé, je n'en avait pas entendu parler, du père?tiens?
Mais je suis entièrement d'accord. Il n'y a là rien de contradictoire avec mes propos, cher Jack Addi. Le fait que vous rappeliez que le désir de la mère doit être détourné sur le père complète ce que je pense de ce spectacle douteux : il ne suffit pour en juger que d'observer justement combien les pères de famille sont mis à mal par le "grand frère" et de quelle manière ils rentrent en concurrence avec lui. Toute son attitude est là pour recueillir l'admiration de la mère et je trouve que certains signes cliniques en témoignent, lapsus de la mère de famille à l'appui.
Mais soyons clair : je ne défends absolument pas le dispositif, qui, je le répète, ne peut qu'être inopérant une fois la caméra partie. D'autant que le père -le vrai - est au départ du grand frère pratiquement laissé pour mort.
C'est d'ailleurs ce qui m'a semblé extrêmement gênant dans l'émission : ces séquences où le "grand frère" donnent des leçons au père.
J'ai peut-être été un peu fort en utilisant le mot "thérapeutique". Mais c'était pour souligner l'effet levier de la caméra qui a, il faut bien le reconnaître, une forte incidence sur l'ensemble des acteurs de la scène. Et puis je trouve qu'il est toujours intéressant de pointer le surmoi comme émanant avant tout d'un idéal plutôt que d'un martinet. Ca permet de sortir d'une conception tragique du Père qui châtie (Totem et Tabou) à celui qui aime et que l'on suit pour son amour (Psychologie des foules). On ne le dit pas assez dans ces temps troubles, et même de nombreux psychanalystes n'y voient plus très clair...
A moins comme vous le disiez que tout cela ne relève que d'une manipulation. Il y a de toute évidence une scénarisation de l'intervention qui empêche d'émettre un jugement tranché sur la question.
bonjour kubitus,
je suis moi même tombée sur certaines de ces émissions, notamment sur TF1. Et d'une oreille aiguisée, j'ai attendu de voir comment étaient présentés les spécialistes. Pour les émissions que j'ai pu voir, on a bien fait attention à nommer "psychothérapeute" les psychothérapeutes, "éducateur" le grand frère de tf1, ou "psychologue" les psychologues se présentant à l'émission (bien que je n'en ai vue qu'une seule, mais dont je connais avec certitude la profession puisqu'elle habite dans la même ville que moi).
Je n'ai donc pas relevé d'ambiguité particulière en ce qui me concerne. En revanche chez les spectateurs, le flou est souvent une règle générale.
Personnellement, je me souviens de l'intervention d'une "psy" (psychanalyste, je crois, mais c'était il y a longtemps je ne suis plus sûre)lors d'une diffusion de "c'est mon choix". Elle s'était permis de faire une interprétation sauvage à propos du témoignage d'un des participants. Le pauvre ne devait pas savoir à quoi s'attendre car pour couronner le tout je me souviens que cette interprétation n'était pas "tendre". Juste ou pas, cette interprétation était vraiment violente et m'avait profondément choquée. Je n'étais qu'étudiante en psycho à cette époque et je me suis dit que je comprennais mieux la mauvaise presse dont on souffre auprès de certaines personnes, car si c'était vraiment ça un psy, quelqu'un qui se permet devant les caméras de faire une interprétation très personnelle (il ne s'agissait pas de généralités)d'après seulement qqs propos tenus devant lui, sans l'appui d'un vrai travail avec la personne et donc forcément en dehors de l'établissement d'un transfert, eh ben bravo! Moi aussi j'aurais peur d'aller voir un psy s'ils étaient vraiment comme ça!
Heureusement, je pense que ces personnes font partie d'une minorité aux actes totalement anti-déontologiques (comme ceux qui par leur participation cautionnent des émissions telles que loft strory).
Mais ceux-ci ne nous aide pas à faire comprendrre la vrai valeur de notre travail.
Sophie.
cecilemarie
17/10/2008, 18h21
Je pense que les psy(chologues, chiatres) qui interviennent a la télé en sont des vrais. Il y a eu des problèmes avec le psychiatre de Loft Story 1 qui a depuis été radié de l'Ordre des Médecins (lu dans la presse) et je pense que la production fait attention. Je peux vous dire par exemple que le psychiatre de 'il faut que ça change" (qui passait il y a environ deux ans) est un vrai psychiatre, il a pignon sur rue comme on dit.
Mais la vraie motivation pour embaucher un "psy", c'est que ça va donner une certaine légitimité, un "sérieux" a l'émission. D'ailleurs j'ai remarqué avec beaucoup d"amusement que dans nombre d'émissions genre delarue, ou les maternelles sur france5, quand c'est le psy qui parle, tout le monde se tait, tout le monde écoute et tout le monde semble penser qu'il ne peut qu'avoir raison. La preuve, c'est que le psy de la télé a souvent le "mot de la fin"
Moi j'adore ces émissions, c'est fendard non?;)
Je fais une association avec ce dont tu parles Cécile, un peu "hors-sujet"...La semaine dernière, envoyé spécial a fait un reportage que j'ai trouvé trés interessant, qui aurait pu s'appeler "Le clivage du Dalaï- Lama".
Ils ont mis en lumière une "partie" de cet "homme de paix", c'est à dire la partie de lui qui n'a pas élaboré la violence dont il a été victime et qui transpire de son discours et de ses actes (l'interdiction de vénérer tel Dieu, le "mauvais objet" projeté en force)...
Il fallait oser, moi j'ai bien apprécié.
Pour les psys tv, je les connais peu, disons que pour leurs patients, je trouve que c'est pas le top...
cecilemarie
17/10/2008, 18h36
j'adoooooooooore envoyé spécial, souvent ils se mouillent vraiment, la sur cette émission j'ai regretté que ça n'aille pas un peu plus loin, il manquait des éléments de compréhension. Mais finalement, je trouve ça assez rassurant de voir que cet homme qui peut sembler "parfait" présente des défauts bien humains. Un peu comme la personnalité de Dumbledore qui se révèle moins reluisante mais tellement plus humaine dans le 7è harry potter.
Mais je m'égare...
Tout n'était pas compréhensible c'est vrai mais l'effet "ombre et lumière" était fort.
Ce reportage m'a fait pensé à une patiente rencontrée lors d'un stage en psychiatrie, qui parlait tout le temps de la "communication non-violente"(un courant à la mode de je ne sais plus qui), elle suivait les séminaires...Quelle cata, les gens étaient réactivés dans leurs traumas sans travail approprié, bref. Certaines personnes marquées par un vécu de maltraitance se réfugient dans les théories "peace" de façon extrême...Heureusement, certains d'entre eux souhaitent être accompagnés et intégrer peu à peu leurs vécus, afin d'élaborer tout ce "brut"...
Désolée pour cette parenthèse, je me suis souvent faite cette réflexion que les personnes les plus violentes que j'ai connu étaient des baba-cools!
Je proposerais volontiers de lancer un topic spécial pour la magicienne de "confessions intimes", appelée indifféremment "la psychologue" ou "notre spécialiste". Elle a un talent tout particulier pour expliquer à un adepte du tuning qu'il a souffert du manque d'attention de sa mère, et pour réconcilier des couples pathologiques en leur rappelant qu'ils s'aiment (ce qui est beau).
Plus sérieusement, évidemment c'est un scandale, que l'on exploite ainsi des personnes en souffrance, désespérées au point de confier leur dernier espoir à tf1. Et le fait même que ces personnes acceptent d'être ainsi mises en scène aux yeux de tous, dans l'irrationnel de leur drame intime, est un signe pathognomonique.
Cette spécialiste porte donc atteinte à l'image de la profession, mais surtout prive ces personnes de l'accès aux soins dont elles ont besoin, en les confortant dans l'horreur de leur situation, avec l'a priori que le couple est toujours à sauver, dans un retour à une situation initiale prétendument aconflictuelle.
Bon, je dois avouer que j'ai un léger faible pour elle, parce que je me sens super fort comme psychologue, en allant me coucher.
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