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Poupette
06/06/2008, 13h02
Bonjour

A la lecture de tous les messages que je peux lire les débouchés en psychologie ne sont pas terribles et la galère bien réelle.

Je suis actuellement salariée et j'aurais souhaité reprendre des études de psycho à distance à Paris 8, à la rentrée en L1.
Mis à part le stage de L3 qui est d'une durée d'environ 3 semaines et que je pourrais prendre sur mon temps de congés, la difficulté s'amorce dès la 1ère année de master, et davantage la seconde, avec des stages de 400 et 500h (et un coût d'inscription de 1500 € en 2e année). Comment faire pour m'absenter pendant 4-5 mois sans revenus ? Pour l'instant mes revenus ne me permettent pas de mettre de côté suffisamment pour m'auto-financer pendant plusieurs mois. Et pas sûr non plus que mon employeur m'accorde un congé pour convenances personnels...
Bon je n'en suis pas encore là mais je me pose quand même des questions quant à la faisabilité d'un tel projet (je suis célibataire donc pas de gentil mari gagnant bien sa vie pour subvenir à mes besoins)
Surtout qu'à la sortie l'emploi n'est pas certain !
Pour le vivre actuellement, la volonté n'est pas toujours suffisante pour s'en sortir.

Ce qui m'interroge davantage c'est le discours de ma psy qui
me dit qu'il y a de l'emploi...Elle avait repris des études dans ce domaine il y a une quinzaine d'années et s'était installée en libéral dès l'obtention de son DESS, mais son mari il me semble était médecin...disons que je veux bien avoir des conseils et des encouragements pour me reconvertir mais pas venant de personnes ayant des filets de sécurité confortables, ça me paraît déconnecté de ma situation.

Qu'en pensez-vous ?

Gilda
06/06/2008, 16h52
Si les psychologues sont demandés il y a beaucoup de postulants et beaucoup d'emplois précaires: CDD, temps partiels, vacations... Personne ne peut vous dire que vous n'aurez pas un poste de titulaire mais vous avez raison de réfléchir aux débouchés. C'est un roblème bien réel tout comme ce qui en découle: rémunérations faibles, conditions de travail difficile...

Poupette
06/06/2008, 17h39
Merci pour votre réponse.

Je crois que j'en ai marre de la précarité...Je suis précaire depuis 4 ans dans cette merveilleuse fonction publique territoriale qui méprise de plus en plus ses forces vives...
On entend souvent qu'il vaut mieux exercer un métier qu'on aime même s'il est mal payé...franchement ? Bof.

Je ne suis pas sûre, malgré mon intérêt pour cette discipline et ce métier, d'avoir envie après 5 ans d'études (à nouveau) de me retrouver à galérer.

Une question me vient...j'ai pu constater qu'au Québec le métier de psychologue est très valorisé et que les professionnels trouvent assez facilement un travail et jouissent d'une bonne rémunération.
Mes amies infirmières m'ont dit qu'ils en étaient de même pour leur profession, certaines infirmières ont le droit de prescription (limité tout de même il me semble), dernièrement sur un forum une ergothérapeute canadienne écrivait ne pas avoir de mal à trouver du travail...

Quel est le problème français alors ?? La mentalité rigide et conservatrice ?

cauvin
07/06/2008, 00h18
JAck Addi,

Je ne suis pas un spécialiste de l'économie sociale canadienne, mais il me semble précisément que le canada a opté pour un investissement public important dans le domaine de la santé, justement, dégageant des budgets consistants en visant la "rentabilité" sociale à long terme.

Autres facteurs également, les psychologues canadiens sont nettement moins nombreux et formés trés solidement (8 ans d'étude, il me semblent) , ce qui contribue à leur reconnaissance.

Bref, je ne suis pas sûr qu'il faille se résigner à des salaires ridicules pour soutenir un système social plus solidaire,"à la française",

Cordialement,


Jack_Addi a écrit :

Poupette a écrit :
Quel est le problème français alors ?? La mentalité rigide et conservatrice ?

Le problème français ? Et bien c'est... LES SOUS !

Il faut savoir si on veut un système de sanitaire et social public ouvert au plus grand nombre, ce qui coûte très cher, et tend à tirer les salaires des professionnels de ce champs là par le bas...

Ou si on veut un système sanitaire et social quasiement totalement privatisé, aux honoraires plus élevés et aux rémunérations plus confortables... pour les plus aisés pouvant se les offrir avec quelques services publics à moyens très limités pour les plus pauvres...

Notre pays a choisi le premier schéma... Schéma qu'il a d'ailleurs de plus en plus de mal à maintenir...

GillesRiou
09/06/2008, 13h37
Bonjour Poupette,

vous avez pointé un élément important à propos de la précarité et des bas salaires de certains métiers.

Il me semble difficile d'aimer et d'investir un métier (et pas seulement), du moins à long termes qui ne vous apporte pas satisfaction sur ces deux critères fondamentaux.

Bref, la profession de psychologues en France est nettement sinistrée.

Mais pour aller un peu plus loin par rapport à votre question de changement professionnel, un bilan de compétence/ d'orientation bien fait pourrait ouvrir de nombreuses voies. Y avez vous songé? (question ouverte)

Cordialement.

Zapata
10/06/2008, 18h28
Jack_Addi a écrit :


La création d'un "doctorat d'études pratiques" (un peu comme pour les médecins) pour tous à la place d'un doctorat de recherche confidentiel n'est pas pour demain !


Il y a quand même un début de commencement : les thèses de psycho sont depuis la réforme des universités soumises à une évaluation qui répond à la nécessité d'une partie "clinique" dans la thèse pour pouvoir prétendre à la qualification (en vue de devenir Maître de conférence). Il y a donc aujourd'hui le choix entre deux thèses, l'une "pour soi" (ex : "le rendez-vous manqué d'Heidegger avec la psychanalyse") et l'autre pour l'enseignement et la recherche incluant la présence d'un Autre.

A voir comment tout ça va évoluer, mais un doctorat intégrant un internat comme en médecine n'est pas pour demain, je suis bien d'accord avec vous, Jack. Ce serait pourtant une bonne solution, je pense, tant pour la reconnaissance que pour le chômage qui touche la profession.

Poupette
10/06/2008, 22h08
Bonsoir à tous

J'avais déjà voulu vous répondre mais la connexion au site ne fonctionnait pas.

Par rapport au Québec je pense que tout ça est une histoire de mentalités. Je suis quasiment convaincue qu'un bac+20 en France pour accéder au titre de psychologue ne changerait rien au problème de reconnaissance de la profession.
Regardez l'exemple que je vous ai donné avec les infirmières là bas. Ici c'est tais toi le médecin a parlé !

D'autre part je suis pour la mise en place d'un numerus clausus dans les études de psycho, je crois que ça ne rend pas service aux futurs et actuels professionnels de former autant de personnes. Voilà le résultat : beaucoup trop de candidats au regard des postes.

Pour l'instant je laisse tomber psycho et je me concentre sur la préparation du concours d'orthophoniste qui constitue pour moi un bon compromis.

Bien à vous.

renardleo
09/10/2008, 16h01
Il est certain que notre profession se trouve de plus en plus précarisée à la limite de l'insupportable, saurions nous tous masochistes?ah oui!!!
ML

cecilemarie
10/11/2008, 16h40
Une question me vient...j'ai pu constater qu'au Québec le métier de psychologue est très valorisé et que les professionnels trouvent assez facilement un travail et jouissent d'une bonne rémunération.

La réponse vient un peu tard...Pourquoi ne pas vous expatrier? C'est ce que font certains, la décision est difficile à prendre mais à réfléchir!

Flam's
21/11/2008, 16h35
Bonjour !
Ayant fait deux expériences merveilleuses dans ce pays superbe (une année d'étude en L3 et 6 mois de stage de M2 que je viens de terminer en octobre dernier). Une seule chose m'a arrêté pour aller m'y instaler : le fait qu'il faut avoir un doctora pour excercer et faire encore des années d'études pour le moment n'est pas conciliable avec ma situation actuelle cependant j'y songe pour l'avenir.

Paris7Jussieu
21/02/2009, 00h43
Poupette et CecileMarie merci !

Poupette 100% d'accord avec toi !

C'est pour le Canada que l'on doit avoir un doctorat ?

je commence aussi à me poser la question de l'expatriation, même avec mon bébé je peux y arriver ... si d'autres sont parties au Canada où y sont, peuvent-elles nous donner des infos ?

notre profession n'est absolument pas considérée .... il n'y a que devant "l'organique" et les garagistes du corps que les français sont admiratifs ..... le psychisme n'intéresse que peu de monde, ce n'est pas un hasard certes ... mais de là à ne pas ou peu nous faire exister ...... (vu sur l'ANPE : poste de psy.clinicien avec un doctorat : 8,05. le même jour, poste de femme de ménage : 12 euros .......). no comment .....

cecilemarie
21/02/2009, 11h37
Paris7,
je suis partie au Canada pendant un an, mais je n'ai pas pu exercer mon métier pour des raisons d'équivalences qui sont assez compliquées (ou tout au moins assez longues) à obtenir. Tout dépend également de quand date l'obtention de ton diplôme, car si elle est postérieure à 2006 il te faut un doctorat. Cependant le doctorat canadien (enfin québécois, pour ce que j'en sais) ne correspond pas au doctorat français, je crois qu'il est plus "pratique" que le nôtre. Si les démarches de demande d'équivalence t'intéressent, ou autre question, n'hésite pas. Je ne prétends pas avoir la science infuse mais je npourrai certainement répondre à certaines questions.
Bon courage
CM

psyfred14
17/03/2009, 22h12
En effet, Poupette, c'est quand même la galère... C'est le bouche à oreille et le piston qui marchent. Les places sont rares. Les médecins, avec le nouveau décret, viennent picorer sur nos platebandes... La psychologie se divise en de multiples disciplines spécialisées qui ne communiquent pas entre elles; au lieu de s'allier, tout le monde se tire dans les pattes... signe de temps difficiles. Il n'y a pas de place pour tout le monde. J'ai moi-même repris des études sur le tard (à 10 ans). J'ai eu la chance de trouver un emploi l'année de mon diplôme de DESS (ancien Master 2). Mais 10 ans après, je ne travaille toujours pas à plein temps, et je multiplie les temps partiels, qui nous font courir à droite et à gauche, au détriment de la cohérence, du suivi, de la connaissance des situations... bref, personnellement, je me perds, je perds le sens de mon travail, je suis toujours à la ramasse par rapport aux infos d'équipe... ça représente peut-être un avantage d'être si décalée, mais je n'arrive pas à travailler comme ça...

Dropzone
17/03/2009, 23h52
Paris7,
Tout dépend également de quand date l'obtention de ton diplôme, car si elle est postérieure à 2006 il te faut un doctorat. Cependant le doctorat canadien (enfin québécois, pour ce que j'en sais) ne correspond pas au doctorat français, je crois qu'il est plus "pratique" que le nôtre. Si les démarches de demande d'équivalence t'intéressent, ou autre question, n'hésite pas. CM

Bonsoir, Une question Cecilemarie,
Lorsqu'un psychologue est titulaire d'un Doctorat en france, doit-il quand meme passer une équivalence pour travailler au canada?
Merci ..

melmoch
18/03/2009, 11h28
Bonjour,

Petit message pessimiste aussi...
Je suis jeune dans la profession et ne recherche du travail que depuis octobre.
Et rien....
Je suis tout les jours sur internet, je fais des candidatures spontanées, je réponds à des annonces, et rien. Très peu aussi d'entretien. De plus, le marché est tel que même pour des postes 'débutant accepté', postule des gens avec beaucoup d'expérience, donc avec profil meilleur que le mien...
Quand je regarde autour de moi, il y a deux clans: "ceux qui connaissant machin" et les autres. C'est malheureux à dire mais sans piston ou carnet d'adresse, il me semble que c'est impossible.... Tant mieux pour ceux qui peuvent accéder à un emploi par ce biais, je ne leur tire pas dessus... Mais c'est vrai que c'est déprimant: poste précaires, mal payé, rare (la crise n'arrange rien bien sûr..), etc.
J'ai travaillé tout au long de mes études, pour les financer. J'ai fait beaucoup de sacrifices pour obtenir mon diplôme... Et je me retrouve encore plus précaire qu'avant, avec un bac +5, et un statut de cadre.... Cela fait donc quasiement 10 ans que je suis précaire, et c'est vrai que c'est dur à vivre... Est-ce que je referais le même chose en connaissance de cause? Je n'en suis pas sûr... Même si pour moi la psychologie clinique est une passion, je pense que j'aurais fait une autre formation et me saurait formé pour être psychanalyste à coté.... Combien de temps vais-je rester dans cette situation avant de me réorienter professionnellement? Je ne sais pas... Peut-être jusqu'à trouver une meilleur idée....
J'ai pensé aussi à m'expatrier en Russie (mon ami y habite) mais la-bas, être psy=coach. Et je ne maîtrise pas assez le russe pour travailler dans un environnement 100% russe.
Je suis perdu.


En tout cas, merci à toutes celles et tous ceux qui écrivent régulièrement ou répondent au post. De même à ceux qui envoient des annonces.... C'est un forum qui me fait du bien. Je me sens moins seul et moins isolé.
Merci donc!!

Uma
18/03/2009, 14h17
Bonjour,
Je voudrai simplement réagir à ce que vos dites melmoch. Je comprends le désarroi de ceux et celles qui sont encore sans emploi ou sur des postes précaires. Mais de là à dire que cela ne marche que pas piston, je ne suis pas d'accord! Moi j'ai été au chomage pendant 7 mois, et je suis d'accord que c'est épuisant et démoralisant de passer ses journées à envoyer des candidatures, à rappeler les structures et s'entendre dire qu'il n'y a pas de poste ou qu'il est pourvu, qu'il y avait quelqu'un avec plus d'expérience... J'ai trouvé mon premier poste aprés une candidature spontanée, deux heures par semaine à 3/4 d'heure de chez moi, pas la gloire quoi! Puis un mi temps sans piston non plus. Candidature aprés avoir eu l'info par hazard (une connaissance qui n'a aucun rapport avec la psycho, mais j'avais tellement dit autour de moi que je cherchais du travail!), entretien, puis j'ai amené une lettre pour confirmer ma candidature et ma motivation pour le poste et je l'ai eu. J'ai su plus tard qu'il y avait des gens plus expérimentés mais que ma motivation avait fait la différence. C'est pas du piston ça! On ne peut pas jeter le discrédit sur ceux qui ont du travail.
Le marché du travail pour les psycho est saturé, et c'est injuste de galérer comme ça aprés tant d'années de travail et de sacrifices. Mais il y a aussi la motivation et le travail qui joue sur les candidatures (toujours bien préparer sa candidature, son entretien d'embauche). Et bien sur il y a aussi souvent de la chance... Mais pas toujours du piston...
Bon courage en tous cas à ceux qui cherchent. Il ne faut pas perdre espoir.
Cordialement

cecilemarie
18/03/2009, 19h47
Bonsoir, Une question Cecilemarie,
Lorsqu'un psychologue est titulaire d'un Doctorat en france, doit-il quand meme passer une équivalence pour travailler au canada?
Merci ..
Bonjour,
http://www.ordrepsy.qc.ca/
Voici un lien qui peut t'être utile. Tu trouveras aussi les formulaires de demande d'équivalence. tu as même des adresses mail telles que celle de la big boss de l'ordre des psys du québec Elaine Dubreuil, elle te répondra si tu lui écris.
Bonne lecture,
CM

Dropzone
19/03/2009, 00h24
Merci beaucoup Cécilemarie,
Je vais voir ça d'un peu plus près..
CM